Les bassins de traitements, caractéristiques techniques et mode de fonctionnement

L’eau est une ressource vitale qu’il convient de préserver. Il faut notamment prendre en charge son traitement lorsqu’elle ruisselle sur l’autoroute afin d’éviter toute pollution du milieu naturel. On distingue trois grandes formes de pollution : la pollution chronique (émission de gaz d’échappement, usures des pneus, fuites d’huiles, usure de la chaussées, corrosion des glissières de sécurité, etc.), la pollution saisonnière (sels de déverglaçage) et la pollution accidentelle (déversement de produits toxiques lors d’un accident).

Dans les eaux qui ruissellent sur autoroute, divers éléments (métaux, hydrocarbures, huiles, etc.) se fixent sur certaines particules appelées matières en suspension. Les quantités de polluants varient en fonction de l’importance du trafic et de la caractéristique de l’infrastructure mais peuvent s’élever à plusieurs kilogrammes d’hydrocarbures et de métaux par kilomètre chaque année et à près d’une tonne de particules diverses. C’est cette eau qui doit impérativement être traitée avant d’être réinjectée dans l’environnement.

La prise en compte de la notion de pollution chronique est apparue dans les années soixante-dix. Des études ont permis de préciser l’importance des risques et de mettre en place des dispositifs de traitement. C’est ainsi que sont apparus les bassins de collecte et de traitement des eaux de chaussées. Les eaux ruissellent dans les fossés qui bordent l’autoroute et sont ensuite déversées dans les bassins. Après un processus de décantation des matières en suspension, les eaux débarrées des polluants sont restituées au milieu naturel vers un cours d’eau exutoire. Ce type de bassin est équipé de vannes ce qui permet le confinement des matières accidentellement déversées lors d’un accident.

 

 


Les dérivations de cours d'eau pour l'A79

La mise à 2x2 voies de la RN79 entraine, dans certains cas, la modification de l’écoulement des cours d’eau traversant l’infrastructure. Dans ces situations, une dérivation du cours d’eau est mise en œuvre de sorte à permettre un écoulement vers un nouveau lit plus adapté. De nouveaux ouvrages hydrauliques sont construits et permettent la traversée des cours d’eau d’un côté à l’autre de la route pour garantir une transparence hydraulique mais également faunistique. Des aménagements écologiques sont mis en place dans ces ouvrages afin de faciliter le passage et la recolonisation du nouveau lit par la faune et la flore. Ils peuvent prendre plusieurs formes, par exemple :  la mise en place de plantes hélophytes qui sont des plantes qui se développent dans l’eau (ex : joncs, iris etc.) ; l’ensemencement des berges et de l’espace environnant avec des mélanges spécifiques, validés par les botanistes de la maitrise d’œuvre (EGIS) ; etc.

En phase finale, l’ancien lit du cours d’eau est comblé, en général avec du matériau du site. Avant de procéder au remblaiement, un écologue est présent pour vérifier qu’aucune espèce n’est restée dans le lit initial. Si des espèces sont présentes, l’écologue réalise une pêche de ces espèces (batraciens notamment) pour les relâcher en aval.

Ces opérations sont faites dans le respect de la loi sur l’eau.

De la phasage travaux à la mise en service de l’autoroute A79, un cours d’eau ne doit jamais être complètement interrompu afin de garantir le passage de l’eau mais également des espèces qui transitent par ce cours d’eau (loutre, petits mammifères, poissons…). De plus, il doit toujours être protégé donc entouré d’une mise en défens, ce qui évite, en période de travaux, le passage de ces espèces sur le chantier.


Création des habitats de substitution

Les travaux de la future autoroute A79 peuvent s’effectuer très proches des espaces naturels qui de fait ne représentent plus des cachettes propices aux petites espèces animales (rongeurs, batraciens, reptiles, oiseaux, etc.). Afin d’améliorer les capacités d’accueil de ceux-ci sur l’ensemble de l’infrastructure, des habitats de substitution sont créés. Ils consistent entre autres à l’élaboration de milieux artificiels destinés à la survie d’une espèce ou en remplacement des milieux nécessaires à la reproduction ou au déplacement d’une population. Les localisations des habitats de substitution sont définies avec l’appui des écologues afin de créer un nouveau milieu attractif pour les espèces ciblées à savoir reptiles, amphibiens, mésofaune, avifaune.
Dans le cadre du chantier, les habitats créés sont des mares et des hibernacula*. Un premier hibernaculum a été réalisé le 19 janvier au niveau de l’échangeur de Dompierre Nord, en présence d’un écologue, des référents environnement du chantier ainsi que des terrassiers. Il était question de les former aux différentes étapes de réalisation d’un aménagement. L’hibernaculum est un « trou » d’environ 80 cm de profondeur qui va être rempli de matières minérales (cailloux et blocs) et de matières végétales (branchages, résidus de coupe, souche centrale) pour former un amas. L’amas ainsi constitué sera recouvert de terre végétale et végétalisée. Une partie de l’hibernaculum reste néanmoins non végétalisée afin de créer des zones d’insolation pour les reptiles.
*Hibernacula : pluriel de hibernaculum


La préservation des Ormes lisses

Le partenariat avec le Lycée agricole de Montravel (42) se poursuit et porte ses fruits. Pour rappel, c’est en vue de préserver les espèces protégées le long du chantier A79 que les élèves se sont vu confier la récolte et la mise en culture de plants d’Ormes lisse. L’Orme lisse est un arbuste protégé dans la région Auvergne-Rhône Alpes et présent dans la réserve naturelle du val d’Allier.
Le 29 avril 2020, la première récolte a eu lieu et les semis ont ensuite été réalisés. Seuls les enseignants avaient participé à cette opération, du fait de la situation sanitaire. 600 plants ont été mis en culture en juin de l’année dernière et ils seront réintroduits dans le val d’Allier à la fin des travaux.
Cette collaboration s’inscrit dans une démarche pédagogique qui vise à sensibiliser ces élèves aux enjeux environnementaux d’un chantier d'une telle ampleur.


La préservation des cours d'eau

Quelques 55 cours d’eau se comptent sur les 88 km du tracé de la future A79. Parmi eux, une vingtaine présente des enjeux environnementaux élevés.
Pour préserver la richesse de ces écosystèmes, des dispositions ont été prises en amont du chantier, encadrées par un arrêté environnemental d’août 2020. Elles sont mises en oeuvre sur l’ensemble du projet A79 par les équipes travaux et suivies par les référents environnement.

Le système d’assainissement provisoire est un élément important du dispositif global mis en place pour la protection de ces zones sensibles. Aussi, si un engin fuit, le conducteur a à sa disposition un kit anti pollution avec du matériel pour absorber le liquide accidentellement déversé. Tous les collaborateurs sont sensibilisés à la fragilité des abords. Autre surveillance attentive, celle de la faune empruntant ces cours d’eau : batraciens, loutres, etc. Leurs passages sont déplacés s’ils se trouvent sur une zone de chantier. Des systèmes de dissuasion adaptés à chaque espèce sont alors mis en place pour empêcher ces animaux de se retrouver en terrain dangereux et les orienter là où ils seront en sécurité. Des mesures de contrôle sont ensuite appliquées, elles portent notamment sur des analyses régulières de la qualité de l’eau afin de suivre en continu l’impact des travaux sur les cours d’eau et le milieu naturel à partir d’un état de référence. Pour vérifier, par exemple, qu’en cas de fort orage, le décapage d’une zone n’a pas provoqué d’amoncellement de matières fines.


Concilier travaux et préservation de la biodiversité

C’est dans le cadre réglementaire de la stratégie environnementale – éviter, réduire, compenser, accompagner – qu’a lieu le déplacement des espèces, en amont des travaux.
Cette stratégie repose sur différentes opérations visant à déterminer et protéger les espèces de faune et de flore présentes sur le tracé de l’A79. Les déplacements d’espèces se déroulent en lien avec les services de l’État, essentiellement en amont de la première grande phase des travaux, celle du terrassement. Ils sont assurés par des écologues experts dûment habilités, membres du groupement concepteur-constructeur de l’A79 ou partenaires extérieurs compétents sur des sujets spécifiques. S’appuyant sur des procédures éprouvées, ils se déroulent en trois étapes : identifier les espèces concernées ; procéder à leurs déplacements dans des sites d’accueil dédiés et identifiés dans le strict respect des protocoles préétablis ; effectuer un suivi dans le temps pour vérifier que la nouvelle implantation se passe bien. À chaque espèce son calendrier, duquel va dépendre celui des travaux : impossible par exemple de commencer le déboisement en période de nidification. Des ormes lisses aux tritons ou grenouilles en passant par les potamots (des plantes aquatiques) ou encore les bryophytes (des variétés de mousses), de nombreuses espèces ont ainsi été prises en charge depuis le printemps 2020.


Des apports en matériaux plus écologiques

Les questions environnementales se retrouvent au cœur du projet Axelia pour lequel l’ensemble des processus mis en place répondent à une volonté de limiter l’impact environnementale du chantier.

En termes d’apport en matériaux, différentes mesures parmi lesquelles le recyclage ou la production de proximité qui permettent de satisfaire les besoins de ce chantier d’envergure tout en respectant l’environnement. Ainsi, 100% de fraisats obtenus après le rabotage des voies existantes vont être recyclés et réemployés dans la mise en œuvre des nouveaux enrobés. Aussi, pour l’approvisionnement en matériaux du TOARC B qui est la section la plus en demande du fait d’un rehaussement important des voies, le choix s’est porté sur la carrière des Proux qui est une carrière locale, située à proximité du chantier. D’autres processus vertueux sont à noter. C’est le cas notamment des 3 centrales à enrobés installées le long du tracé et qui assureront une production sur place du produit final nécessaire à la réalisation des chaussées neuves.


La compensation environnementale en zone humide

Pour construire l’A79 tout en préservant la biodiversité très riche du département, environ 380 ha de sites compensatoires sont prévus. Cette compensation visera à restaurer ou créer des milieux favorables au développement d’espèces spécifiques. Il s’agit de milieux forestiers et bocagers mais aussi de zones humides, de haies ou encore de mares.

Dans le cadre des mesures compensatoires liées aux zones humides, une parcelle de 5 ha dotée d’un étang de 2 ha a été acquis à Saint-Pourçain-sur-Besbre. Cet étang a été formé en créant une digue sur un cours d’eau. La compensation consistera alors à déconstruire la digue et rendre au cours d’eau son fonctionnement normal en recréant un tracé naturel.


L'achat d'une ferme à Beaulon

Au titre des 380 ha de sites compensatoires pour la construction de l'A79, une ferme a été achetée sur la commune de Beaulon.

Actuellement utilisées pour des cultures de céréales, les terrains agricoles de cette ferme présentent une biodiversité relativement commune. Dans le but de diversifier les habitats et d'y voir apparaître une biodiversité plus riche, certaines mesures seront mises en œuvre :

- Conversion des cultures en prairie

- Plantation de haies

- Creusement de mares

- Restauration de zone humide par la suppression de drains agricoles

- Adaptation des dates de fauches et de la pression de pâturage

 


La biodiversité, une richesse naturelle à préserver et à mettre en valeur

En application de la loi Biodiversité de 2016, trois types de démarches sont conduites pour y répondre : éviter les impacts, les réduire, et enfin les compenser.

Le concessionnaire s'est bien entendu engagé sur ces trois volets à travers un large panel de mesures, que ce soit durant le chantier ou en phase d’exploitation : assainissement provisoire et définitif, bassin de traitement des eaux, bâche à amphibiens, diminution de l'emprise du projet sur les espaces agricoles et naturels notamment avec la technologie du péage à flux libre permettant de préserver environ 16,5 hectares d’espaces naturels, projet scolaire, etc.

Après évitement et réduction, quelque 380 ha restent à compenser au titre des espèces protégées et des zones humides. Il s'agit ici de restaurer des milieux naturels en partenariat avec le monde agricole et les gestionnaires forestiers. Deux exemples l'illustrent principalement : la fauche tardive, qui permet de protéger les nichées d'oiseaux au sol ; la gestion de parcelles forestières en "îlots de sénescence" afin de favoriser le maintien et le développement des vieux arbres.